« Ce qui nous reste » (2011) un film de Alain Giorgetti – durée 52′
le 27 avril 2013
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Les mines doivent avoir une mémoire. Ou plutôt : la mémoire est une mine cachée dans notre cerveau. Une mine profonde, insondable et sombre, pleine d’ombres et de galeries qui s’ouvrent devant nos yeux au fur et à mesure que nous pénétrons plus avant ; une mine aussi profonde que les plongées de nos songes.

Julio Llamazares.

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Un fantôme hantait ma mémoire depuis trop longtemps. Un géant de briques rouges qui recrachait continûment son épais filet de fumées noires, de fumées blanches… Une couronne d’éperons rayonnait sur sa tête comme des flammes. Sur un fond d’azur se découpait notre soleil d’acier. 

Le colosse s’est écroulé un beau jour d’été 1978, signant dans le vacarme de son implosion, l’acte de décès de tout un pan de l’économie lorraine, directement liée à la plus industrieuse des époques qu’ait connu l’exploitation du minerai de fer depuis ses origines. 

Je ne le savais pas alors mais, sur les ruines fumantes du haut-fourneau de l’Usine Raty de Hussigny-Godbrange, se dressait déjà, parmi les poussières et les regrets, l’ébauche d’une plaque commémorative gravée des questions ayant motivé mon projet. 

Arrivé « trop tard », je ne suis en effet jamais descendu à la mine. Fils de maçon, je n’ai jamais eu directement accès à cette mémoire vive. Je suis donc resté au bord des souvenirs, comme l’on tremble au bord d’un abîme. Si bien que les questions relatives à cet univers mystérieux a fait long feu en moi. Dès l’abord, les questions étaient bien tout ce qui me restait. J’étais devenu une sorte de haut-fourneau tournant au ralenti.Le film est donc une tentative de réapropriation, balbutiant entre mémoire et histoire, tentant de confronter la version spéculative et enfantine au fer rugueux de l’expérience commune, passant ici par la parole des anciens Mineurs et par les arcanes du paysage ourdi d’acier rouillé.

Mais la chance de ce projet, c’est d’avoir pu épouser la cause et la course de l’Association Historique et Industrielle de Hussigny-Godbrange (A.H. I), organisatrice de visites guidées uniques en leur genre dans les anciennes mines. Sans eux, rien ou presque n’eut été possible. Grâce au soutient, à la disponibilité et à l’amitié de ses membres, et notamment de M.M Silvio Alleva, Francis Sartini et Bruno Trombini, que je ne remercierais jamais assez. 

Ce n’est donc pas par hasard si le titre, le texte comme l’esprit du film s’expriment à la première personne du pluriel ; ultime hommage aux Gueules Jaunes et à tous les membres de La Corporation des Mines du Fer.

Un « Nous » de majesté, sur l’air de l’Internationale…

Alain Giorgetti

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